Témoignages

« Écouter, c’est prendre le temps, par une présence attentive, d’accueillir l’autre et de lui manifester une acceptation totale de ce qu’il est en laissant de côté mes propres préoccupations…
J’ai appris qu’il faut prendre le temps d’écouter attentivement l’enfant, de bien lui faire préciser vraiment sa pensée et ses préoccupations, avant de commencer à le rassurer et à lui poser des questions. »

Thi Kim Dung Vu

Le cœur sur la main


On entend souvent dire que beaucoup de gens sont seuls au Québec. M. Calzetta, bénévole depuis novembre dernier, en a fait lui-même le constat lors des visites qu’il rend à son père en CHSLD. En effet, il a remarqué que plusieurs personnes âgées du centre ont peu ou presque pas de visites
Bien qu’il ait fait du bénévolat étant plus jeune, et que l’idée d’en refaire lui trottait dans la tête depuis plusieurs années, c’est ce constat qui lui a donné l’envie de s’impliquer à nouveau. Il avait dans l’idée de s’investir auprès des personnes âgées, mais c’est finalement à Répit-Providence qu’il a atterri. Ce centre, situé dans Hochelaga-Maisonneuve, a pour mission de donner un répit aux parents, en gardant les enfants le temps d’un weekend. Les enfants proviennent souvent de milieux défavorisés, bien souvent de familles monoparentales et la présence d’un bénévole masculin a fait une bonne différence  : "Je me rends sur place sans aucune attente et les enfants me redonnent beaucoup d’amour. Les enfants sont très réceptifs."
M. Calzetta se rend sur les lieux une fois par semaine, le samedi matin et participe à différentes activités avec les enfants, allant de simples jeux de société à des sorties à l’extérieur. Il a même enfilé son costume de Père Noël, dans le temps des fêtes, au grand bonheur des tout- petits : "Bien sûr, certains enfants m’ont reconnu, mais la magie a tout de même opéré."
Lorsqu’on lui demande quelle est sa plus belle expérience en tant que bénévole, c’est avec beaucoup d’émotions qu’il nous raconte la petite anecdote d’Alexandre, un autiste toujours à l’écart du groupe, qu’il a réussi à inclure dans une activité de peinture d’empreintes de la main.
Prendre part à ces activités et participer à la formation de l’ABQSJ l’a, à ses dires, beaucoup fait grandir et remis beaucoup de choses en perspectives. En effet, M. Calzetta dit avoir été par le passé fermé à beaucoup de choses, mais le fait de participer à la formation lui fait voir les choses autrement.

Sara Mersel, rédactrice bénévole
« Mon expérience avec les jeunes, c’est un grand défi. C’est trouver en soi le chemin pour aller vers eux, les amener à une confiance et une estime d’eux-mêmes malgré leurs difficulté. »

Claudia Horoi
« À l’ABQSJ, il est question de partage et de communion. J’y ai appris à mieux-être moi-même pour mieux accéder aux autres et arriver à aider »

Eline Arnaud

La relève


Les jeunes de la génération Y ont une bien mauvaise réputation. On dit souvent d’eux qu’ils sont des enfants rois, égoïstes et plus prés de leurs ordinateurs que de leurs prochains.
Chloé Allen, une jeune orthophoniste de 25 ans, dément d’un revers de la main tous ces préjugées véhiculés par les médias. Elle dit que tout comme elle, plusieurs gens de sa génération s’investissent dans la société, que ce soit de façon bénévole ou pas. Depuis octobre dernier, en plus de son emploi à temps plein, elle intervient comme bénévole auprès de deux organismes…Mais où peut-elle bien trouver le temps d’en faire autant :
« Les gens disent souvent qu’ils aimeraient bien faire du bénévolat, mais qu’ils n’ont pas le temps, ce qui est faux à mon avis. Il est prouvé scientifiquement qu’on passe en moyenne plus de 20 heures par semaine devant la télévision. Alors, c’est possible de couper quelques heures du temps télévisuel pour s’investir auprès de la communauté. »
Elle travaille comme aide aux devoirs au Centre des Jeunes de St-Sulpice et elle participe à une activité de stimulation du langage auprès d’un jeune du Centre Jeunesse de Montréal-Nord. Ses deux expériences l’aident beaucoup à grandir sur le plan personnel, principalement dans le cadre de l’activité de stimulation, où elle sent qu’elle apporte réellement une différence auprès du jeune qu’elle stimule. Bien entendu, le travail auprès des jeunes peut être parfois difficile, surtout lorsqu’il faut faire des interventions comportementales :
« Il y a eu une situation dans l’aide aux devoirs où le directeur a eu à intervenir, bien que c’était difficile à gérer, ça m’a beaucoup appris sur moi-même. »
L’organisme Les Associés bénévoles qualifiés au service des jeunes ajoute aussi beaucoup à l’ensemble de l’expérience. Tous les bénévoles doivent suivre une formation d’un an. Chloé se disait perplexe de l’utilité de suivre cette formation, étant donné son bagage académique, mais elle a été la première surprise de la remise en question et du développement personnel que cette expérience lui a apporté.
Somme toute, en plus d’aider autrui, le bénévolat est aussi un outil de développement pour la personne qui en fait.

Entrevue réalisée par Sara Mersel, rédactrice bénévole