Ana-Maria Gomez

Bénévole sans frontière

C’est dans le ventre de sa mère que Mme Anna-Maria Gomez a appris l’importance de donner au suivant : « À l’époque, en Colombie, c’était mal vu pour une femme de travailler, alors ma mère s’impliquait dans toute sorte de causes et elle nous traînait avec elle ».

Amenée à quitter la Colombie, pour s’installer au Canada, puis à déménager dans plusieurs pays de par les fonctions de son conjoint, elle a toujours trouvé dans le bénévolat une façon de s’intégrer à son pays d’accueil. Que ce soit au Québec, en Angleterre, en Italie ou en Roumanie, la barrière de la langue n’a jamais été un problème. Au-delà de mots, il y a tout ce qu’on ne dit pas et le non-verbal est la langue commune de tous les être humains.

Sa rencontre avec l’ABQSJ s’est fait il y a 7 ans de ça, lorsqu’elle est revenue s’installer au Canada. Elle a fait la connaissance d’une française dans le métro qui deviendra par la suite une de ses amies et qui lui parlera de l’organisme. Elle se présente à la séance d’information et décide de suivre la formation. Selon Mme Gomez, l’exercice permet de mieux comprendre qui on est : on sort de « soi » pour aller vers le « nous ».Bien que cela remonte à plusieurs années, l’apprentissage qu’elle a acquis lui sert encore aujourd’hui. Ce qui l’a fascinée, c’est d’apprendre à faire une relecture des événements. Aujourd’hui, après chacune de ses activités bénévoles, elle perpétue l’exercice d’écrire le déroulement de la séance.

Parallèlement, elle prend un engagement auprès de PROMIS, un organisme qui aide les nouveaux arrivants. Chaque samedi, elle y anime un atelier de bricolage pour des enfants ayant des difficultés scolaires. Elle y apporte son kit de base (colle chaude, ciseau, marteau, pince et perceuse) et des retailles de cartons, des bouteilles, des cannes. Ce sont les enfants qui mènent le bal, ils laissent libre cours à leur imagination. Son rôle c’est seulement de les aider à manipuler les outils. L’important, c’est que l’enfant comprenne que ce n’est pas parce qu’il n’est pas bon en mathématique ou en français, qu’il n’a pas d’autres talents.

Pour elle, il n’y a pas vraiment de côté négatif à faire du bénévolat, l’essentiel c’est d’être à sa place, de faire du bénévolat dans un lieu qui nous convient : « C’est presque égoïste de faire du bénévolat. On reçoit tellement : la reconnaissance, la réussite des autres et la confiance. Aujourd’hui encore, lorsque je vais en Outaouais, des enfants devenus adolescents ou adultes se rappellent que j’ai organisé plusieurs activités à leur école primaire. Ils viennent m’embrasser et prendre de mes nouvelles et pour moi c’est la plus belle récompense ».

Sara Mersel